L’Etna et la côte Ionienne

Notre voyage vers l’Etna commence par une chaleur étouffante à Catane. Nous avons lu que c’est la ville la plus chaude de Sicile et on le confirme. Direction le « Riffugio Sapienza », sur le versant Sud, à presque 2000 mètres d’altitude. Au fur et à mesure de la montée, le ciel se couvre au point de finir dans les nuages, la visibilité tombe à 500 mètres. Il n’y a pas que la visibilité qui tombe mais aussi le thermomètre qui passe de 30 degrés à Catane à 13 degrés au refuge, vite pantalon, chaussettes…

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Le décor de ces coulées de lave solidifiées est oppressant. De la route on peut voir plusieurs maisons qui ont été ensevelies et j’imagine le désarroi que les habitants d’ici ont dû ressentir devant ces masses qui arrivent du centre de la terre et qui s’imposent à tous les hommes. Les formes sont dantesques et rendent les lieux envahis inutilisables. Il faut énormément de moyen pour reconstruire une route ou un parking, pourtant ils l’ont fait. En soirée le temps se découvre et la vue sur la plaine en bas est magnifique. Le vent chasse les nuages et la nuit sera fraîche, la température descendra à 9 degrés et nous sommes au début du mois de juin.

Depuis le refuge on a déjà un aperçu de ce que sont les cratères anciens, mais il reste encore de la végétation. Le lendemain matin le ciel est tout bleu et nous sommes les premiers à embarquer dans le funiculaire de l’Etna qui nous emmène à 2500 mètres d’altitude. Mais nous ne sommes qu’à mi-chemin, il nous faut prendre un bus 4×4 qui nous monte jusqu’à 2960 mètres, la limite de la zone fréquentable par les touristes. On y voit très bien les 4 cratères tout proches à 3330 mètres qui sont en activité et qui fument en permanence. Pas de coulée de lave lors de notre visite, ça ce ne sont pas les hommes qui commandent. Le temps est beau, ça c’est une chance pour nous, mais il fait un vent terrible qui oblige à bien se couvrir et limite le temps de la visite. Pas la moindre trace de végétation en haut par contre des papillons en nombre, eux se sont adaptés au milieu.

Comme c’est un des spots touristiques de la Sicile, les touristes arrivent en masse dans la matinée. L’ambiance devient « industrielle » avec tous ses clichés. Vite on fuit vers le « Riffugio Citelli » sur le versant Est de l’Etna, c’est un lieu de départ de randonnée et un balcon sur la côte. Nous prenons un très grand plaisir à marcher jusqu’aux Monti Sartorius. Le sol de la forêt est noir, elle est constituée de bouleaux au tronc blanc et de sapins. Le décor est splendide. Notre bivouac sera beaucoup plus calme que le précédent.

Une descente de 2000 mètres de dénivelé nous emmènera jusqu’à la côte à Giardini Naxos sur une magnifique aire de camping-car proche de la plage et du spot touristique qu’est le village de Taormina. Nous le rejoindrons en bus car l’accès est réservé. La vue sur la côte, l’Etna est magnifique. Le théâtre grec est placé dans un décor somptueux mais est utilisé par des spectacles qui dénaturent les vieilles pierres. Le village et sa rue commerçante par contre est très décevant. Ce ne sont que des boutiques de luxes parcourus par des centaines de touristes à « gros budgets », les autres, comme nous, se contentent de parcourir la rue. Une placette avec aussi une belle vue vient sauver le match.

Nous avons beaucoup apprécié le marché de Catane et ses étals de poissons. L’ambiance y est attachante, les commerçants rivalisent d’ingéniosité pour attirer le chaland. Les énormes thons rouges de Méditerranée y côtoient les petites sardines, vous savez celles que l’on pêche à Messine.

Nous avons vécus aussi une spécialité locale qu’est l’Italien en weekend ou vacances. Une des nuits, sur trois, que nous y avons passés, une discothèque pourtant distante de 300 mètres, a fait une soirée disco de minuit à 4 heures du matin. J’avoue aimer la musique et aussi les tubes contemporains, mais là on ne parle pas de musique mais juste de bruit. Ce sont des rythmes de basses qui font vibrer tout le voisinage, même le camping-car mais aussi l’intérieur des corps humains. Je ne crois pas que les jeunes qui fréquentent ce lieu s’en sortent indemnes. J’ai aussi une pensée émue pour les habitants du coin où qui viennent passer des vacances reposantes, le patron de l’aire me disait qu’il supportait ça depuis 30 ans…  Comme ce samedi il y avait la finale de Coupe d’Europe de foot et que la Juventus de Turin était de la partie, nous avons fui.

Nous avons poursuivi notre route le long de la côte sans prendre l’autoroute. C’est aussi une tranche de vie italienne. La moyenne pour 50 km s’est établie à 20 km/h… Ce que le GPS ne sais pas c’est que sur une rue à 2 voies sans stationnement prévu, les locaux sont garés de chaque côté et en plus en double file sans se préoccuper de se ranger pour aider au passage. Le passage entre les voitures laisse parfois 3 centimètres de chaque côté du camping-car. Un automobiliste sur deux téléphone en conduisant, s’arrête prendre son tabac ou son pain sur la voie, lorsqu’il voit une connaissance, s’arrête pour un brin de causette. Je suis arrivé épuisé à la pointe Nord-Est devant le détroit de Messine mais le cadre est magnifique et méritait bien cet effort. Vous pouvez voir les photos dans la galerie.

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